Voilà un article intéressant sur l’utilisation et le développement prochain de la robotique dans le milieu médical.

Nous pouvons voir que le COVID-19 fut un véritable accélérateur d’arrivée pour ce genre de technologie qui de base restait au final un milieu très humain et humanisé si je puis dire.

Cependant la tendance risque de s’inverser en commençant par les zones à risques qui verront en premières des changements profonds se faire au fil du temps limitant petit à petit les risques pris par les humains et laissant place à nos amis fait de circuits et d’acier/plastique/… .

En décembre 2019, une nouvelle infection virale a été détectée à Wuhan, en Chine. Le 30 janvier 2020, l’Organisation mondiale de la santé a déclaré l’épidémie comme une urgence de santé publique de portée internationale, et le 11 mars, la pandémie COVID-19. Compte tenu du danger que l’infection représente pour le personnel humain, l’idée d’utiliser l’automatisation dans les hôpitaux est l’une des solutions naturelles en matière de soins de santé.

Parmi les cinq co-auteurs de l’article, quatre travaillent dans le domaine de la robotique et un est un expert en médecine. L’article présente un nouveau concept d’hôpital infectieux qui pourrait devenir une norme mondiale à l’avenir. L’idée est apparue alors que les auteurs étaient témoins de la propagation rapide de la Covid-19 et des tentatives non systématiques de la plupart des pays technologiquement développés d’Europe, d’Asie et d’Amérique d’employer divers robots dans leur réaction à cette catastrophe.

L’équipe est composée d’Evgeni Magid (professeur, chef du laboratoire de systèmes robotiques intelligents), d’Aufar Zakiev (doctorant, associé de recherche du même laboratoire), de Tatyana Tsoy (doctorante, associée de recherche du même laboratoire), de Roman Lavrenov (maître de conférences, institut des technologies de l’information et des systèmes intelligents) et d’Albert Rizvanov (professeur, académicien de l’académie des sciences du Tatarstan, directeur du centre de médecine de précision et régénérative).

Dans un premier temps, les auteurs ont passé en revue les articles de recherche relatifs aux pandémies qui envisagent l’atténuation des pandémies du point de vue de l’informatique, de l’intelligence artificielle et de la robotique. Au cours de cette analyse, ils ont découvert que la plupart des articles existants sur l’application de la robotique à l’atténuation des effets de COVID-19 sont des enquêtes qui se contentent d’énumérer les solutions existantes ou, à l’inverse, de présenter une seule technique ou quelques techniques de manière ponctuelle. Ils sont allés plus loin et, sur la base de l’enquête réalisée, ont proposé une nouvelle classification des robots en fonction de leur utilisation pour les besoins de la pandémie (robots prévus à l’origine et robots adaptés) et une nouvelle classification de ces robots en fonction de la formation requise de l’opérateur.

La contribution la plus importante de cet article est une nouvelle architecture holistique d’un hôpital pour maladies infectieuses qui utilise des outils robotiques, à la fois ceux existants et les technologies futures proposées. Cette architecture holistique pourrait aider à développer des robots ayant une applicabilité pratique et permet aux concepteurs de définir précisément leurs fonctions.

Le nouveau cadre de l’hôpital des maladies infectieuses préserve la structure organisationnelle classique des zones « chaudes », « tièdes » et « froides ». La zone chaude est l’épicentre, c’est-à-dire l’endroit le plus dangereux pour un contact direct avec des patients infectés ayant des cas confirmés de maladie ; cette zone est soumise à de fortes restrictions visant à contenir l’infection strictement à l’intérieur de la zone. La zone chaude contient les installations médicales avec un contact indirect avec une infection, par exemple, les salles médicales, les zones de laboratoire, les banques de sang, les services de restauration et de blanchisserie, les toilettes du personnel pour les courtes pauses, etc. Enfin, la zone froide est une zone de sécurité qui comprend les lieux présentant un faible risque d’infection.

Les chercheurs ont analysé les activités quotidiennes possibles dans les trois zones et ont sélectionné un certain nombre de tâches, principalement dans la zone chaude, qui pourraient être exécutées avec succès par des robots. En outre, l’analyse initiale de l’enquête a démontré que pour nombre de ces tâches, il existe déjà au moins plusieurs solutions robotiques.

Par conséquent, une proposition de définition précise des fonctions qui pourraient être exécutées par des robots dans un environnement hospitalier infectieux vise à aider les gestionnaires d’hôpitaux à sélectionner des solutions appropriées, ce qui rendra le fonctionnement de l’hôpital plus efficace et plus sûr pour le personnel médical.

D’autre part, les exigences proposées pour les robots hospitaliers infectieux devraient aider les entreprises de robotique à développer des produits très recherchés. En outre, l’article aborde les questions éthiques liées aux applications robotiques, qui doivent être prises au sérieux tant par les développeurs de robots que par les clients décideurs (par exemple, les directeurs d’hôpitaux) ; les premiers doivent s’assurer de l’existence de lignes directrices éthiques en matière d’interaction homme-robot et de stratégies axées sur les tâches avant de fabriquer le produit, et les seconds doivent être conscients des conflits éthiques potentiels lors de la sélection de produits particuliers pour des tâches particulières.

La robotique a un énorme potentiel dans presque tous les domaines de notre vie. Les auteurs sont convaincus que les robots devraient progressivement remplacer le personnel humain dans les zones dangereuses d’un hôpital infectieux et effectuer des tâches de routine qui ne nécessitent pas de compétences ou d’études médicales de haut niveau. Cela permettrait d’accroître la sécurité des médecins et des autres membres du personnel médical, de réduire la charge physique et psychologique inutile et de combler partiellement la pénurie de personnel médical qui a été largement signalée avant même le début de la pandémie. L’article propose non seulement une nouvelle architecture pour un hôpital infectieux, mais aussi une variété de tâches particulières et des recommandations pratiques pour une intégration plus poussée des robots.

À l’avenir, l’équipe prévoit de développer le cadre proposé pour l’hôpital infectieux et d’évaluer son application pratique. Même pour faire fonctionner un tel hôpital dans le cadre d’une simulation, un grand nombre de travaux préliminaires doivent être effectués, notamment l’élaboration de nouvelles réglementations, de stratégies de communication et de contrôle, de fusion de données sensorielles et d’algorithmes de navigation autonome, de stratégies d’interaction homme-robot sûres et éthiques et de dizaines d’autres tâches.

Il s’agit d’un projet multidisciplinaire à grande échelle et à long terme qui nécessite une collaboration internationale et un financement important. Les gouvernements nationaux et l’humanité en général ont tiré d’importantes leçons de la pandémie COVID-19 et, si ce projet reçoit un soutien, nous serons peut-être mieux préparés à une autre pandémie – qui arrivera tôt ou tard.

 

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