Reconnaissance faciale, la fin de la liberté ? C’est un peu le poil à gratter du moment ! Nous ne sommes pas en Chine où l’usage de la reconnaissance faciale est développé à des fins peu recommandables, mais le sujet interpelle. Il y a d’abord eu les fameuses caméras de surveillance, plutôt nommées de « vidéo protection » dans un langage plus politiquement correct mais c’est bien la même chose. Lorsque ces petits engins ont pris place dans les villes et les bourgs et plus seulement dans les magasins, certains ont applaudi alors que d’autres criaient au loup.

Evidemment, cette vidéo surveillance permet d’éviter des délits et aussi d’en démasquer éventuellement les auteurs. Dans ce cas, hormis les délinquants, tout le monde s’enthousiasme. Mais se faire filmer partout irrite aussi certains dans une idée d’anonymat et de respect de la vie privée qui dérange franchement. Mais, et il en va de même pour la reconnaissance faciale, tout dépend de ce que l’on en fait, de qui exploite ces éléments et comment !

Parce qu’il faut dire que deux points se conjuguent fortement ces temps derniers. Le premier point c’est le développement de cette technologie qui, combinée à l’Intelligence Artificielle, affiche des résultats assez exceptionnels. C’est la reine des systèmes de reconnaissance biométrique, devant les empreintes digitales, le scan de l’iris ou la reconnaissance de la voix. Il faut dire que le système est assez facile à déployer et qu’il n’y a pas d’intervention physique (enfin, sauf après, lorsque les malabars casqués frappent à votre porte…).

L’IA de la reconnaissance faciale s’améliore de jour en jour. Depuis 2014 et le Deepface de Facebook, certains algorithmes sont capables d’une reconnaissance à plus de 99% en moins de 5 secondes ! Plus de doute sur l’efficacité du système mais quel usage en sera fait, là est la question. Une question qui interroge la CNIL qui indique sur son site « Cette technologie n’en est désormais plus à ses balbutiements. Les enjeux de protection des données et les risques d’atteintes aux libertés individuelles que de tels dispositifs sont susceptibles d’induire sont considérables, dont notamment la liberté d’aller et venir anonymement. Tout projet d’y recourir devra à tout le moins faire l’objet d’une analyse d’impact relative à la protection des données (AIPD)« . Cela ressemble peu ou prou à un aveu d’impuissance. En attendant entre reconnaissance faciale et loi anticasseurs, on sait dans quel camp joue notre gouvernement !

Sylvain DEVAUX

Rédacteur en chef

« L’homme a la possibilité non seulement de penser, mais encore de savoir qu’il pense ! C’est ce qui le distinguera toujours du robot le plus perfectionné ». Jean Delumeau

« Ceci est un article ‘presslib’, c’est-à-dire libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Larobolution.com est le site sur lequel Sylvain Devaux s’exprime quotidiennement et livre une vraie analyse du monde de la robotique à même de vous permettre d’en profiter. Merci de visiter mon site. Vous pouvez vous abonner gratuitement à la lettre d’information quotidienne sur www.larobolution.com»

 

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