Les voitures électriques moins sûres que les autres ? C’est encore un paradoxe, et décidément dans la Robolution, cela ne manque pas. Selon la branche Suisse de l’assureur AXA, l’accidentologie des voitures électriques est fortement disparate en fonction de la puissance et de la sophistication de ces dernières. Bien évidemment, vous n’imaginiez pas forcément le conducteur d’une Nissan Leaf le couteau entre les dents, en glisse dans les virages, moins non plus, même si cela existe dans des versions « course ». Si cette « zénitude » et la « sagesse » des acheteurs et conducteurs de voitures électriques « standards » (Zoé et compagnie) se traduit par un nombre d’accidents en moyenne 10% inférieur à celui des voitures thermiques équivalentes, il en va tout autrement lorsque l’on monte en gamme.

En effet, les Tesla et autres Audi E-Tron (prononcer « i trône », sinon, c’est un peu « pipi-caca ») ont un taux d’accident 40% plus élevé que les voitures thermiques de même catégorie ! Diable, mais pourquoi cela ? La première raison évoquée par l’étude d’Axa concerne la puissance immédiate délivrée par les voitures électriques. Contrairement au moteur thermique qui délivre progressivement sa puissance et son couple, le moteur électrique donne tout immédiatement. Avec les équivalents de puissance atteint par ceux-ci sur ces modèles (entre 400 et plus de 700 CV !) la griserie semble facilement remplacer la zénitude chez les pilotes du dimanche. L’autre point abordé est celui de la confiance. Et là, la technologie d’Intelligence Artificielle embarquée est aux premières loges. Les conducteurs feraient en effet bien trop confiance aux systèmes d’aide à la conduite, en particulier de conduite autonome.

Le cocktail puissance/confiance aurait donc des effets dévastateurs sur la sécurité, tout le contraire de ce que les concepteurs pouvaient imaginer. Alors que les autorisations concernant la conduite autonome ne sont pas encore délivrées en Suisse (il faut reprendre régulièrement le volant en main sans quoi le système se désactive), le pire reste donc à craindre lorsqu’elles seront levées. Il est aussi donné de croire que trop d’assistance et de distractions dans une automobile ne font pas bon ménage avec la sécurité, totalement contraire à cette « course à l’échalotte » technologique déployée par les constructeurs et pas seulement d’électriques. Il existe aussi un autre point de sécurité évoqué par ce rapport, et non des moindres. Si les voitures électriques ne prendraient pas plus feu que les autres, stopper un incendie d’une batterie au lithium est une toute autre affaire. Il faut en effet plonger la voiture dans l’eau et l’immerger totalement pendant au moins 48 heures pour faire face au phénomène d’emballement thermique de ces batteries. Je n’ose imaginer un départ de feu dans le sous-sol d’un immeuble… Et pour la cerise sur le gâteau, ces batteries peuvent prendre feu jusqu’à 48 heures après un choc par exemple…à méditer !

Sylvain DEVAUX

Rédacteur en chef «L’homme a la possibilité non seulement de penser, mais encore de savoir qu’il pense ! C’est ce qui le distinguera toujours du robot le plus perfectionné». 

Jean Delumeau

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