Le secteur pétrolier se modernise et va faire appel aux robots à l’avenir !

Effectivement, les robots pourraient à l’avenir remplacer les hommes pour certaines tâches et mettrait donc en péril une bonne partie des emplois affiliés à ces tâches.

Selon Rystad Energy, les robots pourraient remplacer des centaines de milliers d’emplois dans le secteur pétrolier et gazier au niveau mondial et réduire les coûts de la main-d’œuvre de forage de plusieurs milliards de dollars d’ici 2030, si l’industrie fait pression pour une telle transition.

« Même lorsque la crise de Covid-19 sera définitivement passée, les opérateurs devront continuer à explorer de nouvelles voies de réduction des coûts afin d’être mieux armés pour résister aux futurs déclins du marché », a déclaré Rystad, ajoutant qu’il a constaté que les solutions existantes pourraient remplacer des centaines de milliers d’emplois pétroliers et gaziers dans le monde et réduire les coûts de la main-d’œuvre de forage de plusieurs milliards de dollars d’ici 2030.

Le forage est l’un des segments qui a le plus à gagner de l’adoption de la robotique, car il est très coûteux et implique l’exécution de tâches dangereuses dans des environnements difficiles. Des solutions robotiques ont déjà été introduites avec succès dans les opérations de forage, avec des entreprises telles que Nabors à la pointe du développement, a déclaré Monsieur Rystad.

En appliquant les spécifications actuelles des fournisseurs, qui suggèrent que les systèmes de forage robotisés peuvent potentiellement réduire de 20 à 30 % le nombre de manœuvres nécessaires sur une plate-forme de forage, Rystad Energy estime qu’une telle réduction des équipes de forage en mer et à terre peut entraîner des économies de plus de 7 milliards de dollars en salaires rien qu’aux États-Unis, sur la base des niveaux de salaire actuels.

« Les opérations d’inspection, de maintenance et de réparation (IMR) sont également idéales pour les opérations robotiques et constituent le segment où l’adoption de la robotique a le plus progressé parmi les opérateurs ces dernières années. Jusqu’à présent, cela s’est principalement limité aux activités IMR sous-marines, mais nous commençons maintenant à voir des solutions robotiques IMR également utilisées pour les topsides », a déclaré Rystad.

Globalement, Rystad Energy estime qu’au moins 20 % des emplois dans des segments tels que le forage, le soutien opérationnel et la maintenance pourraient en théorie être automatisés au cours des dix prochaines années. Si l’on considère les effectifs actuels de certains pays producteurs de pétrole et de gaz, les États-Unis pourraient réduire leurs besoins en personnel de plus de 140 000 employés et la Russie de plus de 200 000 personnes. Le Canada, le Royaume-Uni et la Norvège pourraient supprimer entre 20 000 et 30 000 emplois chacun, selon Monsieur Rystad.

« Malgré l’énorme potentiel de la robotique, les opérateurs doivent être conscients que ces économies seront partiellement compensées par les investissements considérables nécessaires à l’adoption de ces solutions, qui peuvent varier selon la structure des coûts et selon que les robots sont détenus ou loués », explique Sumit Yadav, analyste des services énergétiques chez Rystad Energy.

Néanmoins, Rystad affirme que la prochaine génération de solutions robotiques est déjà en train d’émerger au sein de l’IMR sous-marine sous la forme de solutions robotiques sous-marines perpétuelles qui offrent des coûts nettement inférieurs et une meilleure portée qu’un véhicule télécommandé (ROV) classique. Alors qu’un ROV classique doit être envoyé à la surface, ces nouveaux systèmes peuvent rester sous l’eau en permanence et accéder facilement à des endroits difficiles d’accès pour les ROV classiques, quelles que soient les conditions météorologiques.

Un exemple notable, selon Rystad, est l’unité de bras robotiques autopropulsés Eelume, développée par Kongsberg Maritime et utilisée par l’opérateur norvégien Equinor.

« Grâce à leur conception en forme de serpent, les bras robotisés ont la souplesse et l’agilité nécessaires pour se déplacer sur de longues distances et effectuer des activités IMR sous-marines telles que l’inspection visuelle, le nettoyage et le fonctionnement de vannes et de chokes dans des espaces très confinés », ajoute Rystad.

Pour illustrer le fait que la numérisation et la robotisation ne se traduisent pas toutes par une réduction de la main-d’œuvre, Monsieur Rystad a cité l’exemple de Transocean, qui a récemment mis en place une technologie de sécurité portable permettant d’alerter un membre d’équipage s’il s’approche trop près de l’équipement de forage. Si le membre de l’équipage ne maintient toujours pas une distance de sécurité, l’alarme arrête l’équipement.

De même, selon Rystad, Diamond Offshore a lancé le premier service cybernétique de prévention des éruptions (BOP) du secteur. Ce service, baptisé Sim-Stack, crée une réplique virtuelle du BOP sur les plans hydraulique et électrique afin d’évaluer son état de santé général et sa conformité aux réglementations. Le système fournit des informations beaucoup plus rapides sur les défaillances des composants, ce qui réduit les temps d’arrêt et améliore la sécurité, et peut également être utilisé pour former le personnel, selon l’exploitant de la plate-forme.

L’adoption à grande échelle n’est pas encore pour demain

« Si l’émergence de la robotique dans l’industrie pétrolière et gazière semble inévitable, nous pensons que l’adoption à grande échelle ne se fera pas avant quelques années, car la fiabilité à long terme de la robotique dans des environnements 3D complexes tels que ceux que l’on trouve sur les plates-formes offshore doit encore être testée. Les capacités de communication limitées, notamment entre les unités robotiques, constituent un autre défi pour la mise en œuvre de la robotique. Si les robots sont appelés à remplacer complètement les humains, il est impératif que ces systèmes communiquent de manière transparente pour dégager une véritable valeur. La mise en œuvre de tels systèmes de communication est à la fois complexe et coûteuse », a déclaré Monsieur Rystad.

Enfin, selon Monsieur Rystad, les suppressions d’emplois dues à la robotique risquent de se heurter à une certaine résistance de la part des organisations syndicales, et les processus de travail robotisés pourraient également devoir franchir des obstacles réglementaires, les autorités cherchant à s’assurer que les changements opérationnels induits par la nouvelle technologie satisfont aux normes de sécurité et d’environnement.

Les robots permettent d’augmenter le rendement, peut faire baisser les coûts mais il ne faut pas oublier que chaque évolution à sa part de bonnes nouvelles comme de moins bonnes…

Quentin CLAUDEL

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Source Offshore Engineer

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