Le cerveau est toujours source de questionnements ainsi que de recherches puisque nous ne comprenons toujours pas complètement son fonctionnement et les opérations sont toujours délicates dans ce domaine.

La robotique pourrait être un moyen plus sûr pour réduire les risques de lésions et séquelles post-opératoires et les Israéliens en ont bien compris l’enjeu.

Se servir de la robotique pour continuer de gagner des chances de survie lorsque nous avons un problème au niveau du cerveau serait un bon plus pour l’avenir et une excellente nouvelle pour les personnes victimes de tumeurs, AVC ou autres problèmes.

Chaque année, les médecins diagnostiquent chez des millions de personnes des tumeurs, des caillots sanguins et d’autres masses dans le cerveau. Dans chaque cas, les médecins doivent mettre en balance les avantages de la chirurgie et les éventuels dommages neurologiques à long terme.

« Imaginez que vous deviez décider entre l’ablation de la tumeur de quelqu’un pour lui donner plus de temps à vivre, mais que dans le processus, il perde sa capacité à parler », explique le professeur Moshe Shoham, professeur au Technion-Israel Institute of Technology et entrepreneur en série. « Quel est vraiment le meilleur choix ? »

Pour réduire les dilemmes de ce type et raccourcir les temps de récupération, la dernière startup de Shoham, Tamar Robotics, développe un robot chirurgical qui vise à révolutionner la chirurgie du cerveau, en donnant enfin aux médecins un outil plus sûr et peu invasif pour retirer les tumeurs et les caillots sanguins et traiter d’autres conditions cérébrales potentiellement mortelles qui nécessitent aujourd’hui une intervention chirurgicale majeure. « Nous espérons que nous serons en mesure de permettre aux personnes souffrant de ces affections de reprendre le cours de leur vie », déclare Monsieur Shoham. « Nous pensons que notre système robotique peut y parvenir mieux que la main libre d’un chirurgien ».

Le professeur Shoham, pionnier mondial dans ce domaine, a créé le laboratoire de robotique médicale Kahn au Technion, d’où sont sorties une série de startups révolutionnaires et prospères qui ont contribué à changer la pratique de la médecine moderne.

Parmi les entreprises fondées ou cofondées par le Pr Shoham figurent Mazor Robotics, une startup de robotique chirurgicale acquise par Medtronic pour 1,64 milliard de dollars en 2018 ; Diagnostic Robotics, une plateforme de triage et de prédictions cliniques basée sur l’intelligence artificielle ; et Microbot Medical, une société cotée au Nasdaq.

Le professeur Shoham discutera de son travail et des projets de Tamar Robotics lors d’un événement en ligne le lundi 12 avril organisé par Technion Canada et OurCrowd, la plateforme d’investissement basée à Jérusalem.

Tamar Robotics, basée au kibboutz Yagur près de Haïfa, fait partie du domaine en pleine expansion de la chirurgie robotique, dans lequel de minuscules instruments insérés par de petites incisions effectuent des interventions à l’intérieur du corps humain, souvent guidées par des technologies d’imagerie et de détection. Cette technique permet des interventions plus précises et moins invasives, réduisant ainsi le temps de récupération des patients.

Le marché des robots chirurgicaux croît de 11,4 % par an et devrait atteindre 9,5 billions de dollars d’ici 2026, selon le cabinet d’études de marché Mordor Intelligence. Avec la baisse des coûts, les systèmes robotiques devraient devenir beaucoup plus courants dans de nombreux types d’opérations, selon Mordor.

Tamar Robotics est l’un des premiers systèmes de ce type à être développé pour la chirurgie du cerveau. La société a vu le jour lorsque le Dr Hadas Ziso, son cofondateur et ancien étudiant diplômé de Shoham au Technion, a commencé à étudier les moyens de rendre la chirurgie du cerveau plus sûre.

« Lors d’une opération du cerveau, on craint toujours d’endommager les tissus sains environnants, ce qui peut entraîner la perte de la capacité de parler ou de marcher », explique Monsieur Shoham. « Les chirurgiens doivent donc toujours se demander s’ils doivent opérer ou non, et ce n’est pas facile. »

Ziso et Shoham ont travaillé pendant cinq ans à la mise au point d’un minuscule robot capable de cibler et d’enlever les tumeurs et autres masses du cerveau tout en laissant les tissus sains intacts, et ont fondé Tamar Robotics pour commercialiser le système.

La technologie, actuellement testée sur de grands animaux comme les porcs, consiste en une minuscule aiguille robotisée mobile qui projette des jets d’eau pour détruire les tumeurs et les caillots sanguins dans le cerveau. L’aiguille est insérée par une petite incision dans la tête et les chirurgiens la contrôlent ensuite à distance, assistés par un logiciel d’imagerie.

« Elle dispose d’une liberté suffisante pour s’attaquer et traiter des formes complexes de tumeurs ou de caillots sanguins dans des endroits difficiles du cerveau », déclare le PDG Noam Hassidov, expliquant que l’outil comprend également un mécanisme d’aspiration qui retire et évacue rapidement les tissus détruits. Les chirurgiens peuvent délimiter une « zone de vol », où l’aiguille détruira les caillots sanguins ou les cellules tumorales, et une « zone d’interdiction », où l’aiguille ne touchera ni n’endommagera les tissus cérébraux sains.

« De par sa conception, ce mécanisme est extrêmement précis », explique Monsieur Hassidov.

Un échographe intégré fournissant un balayage constant aide à guider l’aiguille en temps réel. C’est important car le cerveau se déplace constamment pendant l’opération, au fur et à mesure que des zones de tissu sont enlevées, ce qui rend difficile de se fier aux images préopératoires obtenues par IRM et autres scanners.

« De cette façon, le médecin peut regarder tout autour de lui et voir immédiatement si quelque chose bouge dans le cerveau », explique Monsieur Hassidov. « Nous pouvons savoir exactement où se trouve la masse cible à tout moment ».

Il mesure également la pression à l’intérieur du crâne, en s’assurant qu’elle ne s’élève pas à des niveaux dangereux, ce qui peut provoquer des dommages neurologiques.

L’un des principaux obstacles à l’utilisation de la robotique pour la chirurgie du cerveau est la nécessité de développer une meilleure technologie d’imagerie pour aider à guider l’équipement robotique à l’intérieur du cerveau des patients, explique Alfredo Quinones-Hinojosa, président du département de chirurgie neurologique du campus de la Mayo Clinic à Jacksonville, en Floride, qui n’a aucun lien avec Tamar Robotics.

« De la même manière que la technologie robotique est utilisée pour réaliser des opérations abdominales, dans un avenir proche, elle sera très probablement utilisée pour réaliser des opérations cérébrales mini-invasives », déclare le Dr Quinones-Hinojosa. « Les robots nous permettront de nous aventurer profondément dans le cerveau par de très petites incisions ».

« Le plus grand défi à l’heure actuelle est le fait que notre équipement est difficile à manœuvrer dans les petits espaces », ajoute-t-il.

L’entreprise en est aux stades avancés des tests du système sur des animaux. Les professionnels du domaine chirurgical se sont dits enthousiasmés par son utilisation potentielle chez l’homme dans un avenir proche.

Monsieur Tamar prévoit de commencer par des essais sur des patients souffrant d’hémorragie intracrânienne, ou saignement à l’intérieur du cerveau, une affection aiguë qui nécessite une intervention chirurgicale d’urgence pour libérer la pression qui s’accumule à l’intérieur du cerveau et qui menace de causer des dommages neurologiques à long terme.

En 2001, lorsqu’il a fondé Mazor Robotics, l’une des premières entreprises à proposer des systèmes robotisés pour la chirurgie de la colonne vertébrale, Monsieur Shoham a déclaré qu’il s’attendait à ce que l’adoption de ce nouvel outil soit rapide une fois qu’il serait approuvé.

« Aujourd’hui, les chirurgiens sont plus ouverts aux outils robotiques qu’à l’époque », dit-il. « Il est désormais clair que si nous disposons d’outils meilleurs et plus affûtés, nous pouvons faire beaucoup mieux et sauver plus de vies. »

Quentin CLAUDEL

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Source The Times Of Israel

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