Le fléau du transhumanisme nous guette !

Le lobbying est toujours d’actualité rassurez-vous. Alors que le projet de loi sur la bioéthique, adopté récemment et qui passera au Sénat en janvier, mobilise et laisse s’affronter les courants, un mouvement en a profité pour se faire remarquer. Pas question de GPA, PMA et autres mais de transhumanisme. En jouant aussi sur les sentiments, l’AFT (Association Française Transhumaniste) fait montre de son hostilité au texte de cette loi. Les reproches ? Ne pas rendre le séquençage ADN possible en dehors des raisons thérapeutiques et ne pas autoriser certains dépistages génétiques. Mais pas seulement puisque l’AFT considère également le vieillissement comme une maladie !

Pour faire simple, dans le cas d’une fécondation in vitro, les embryons peuvent techniquement être « triés » en fonction de certains critères, dont la trisomie 21 et dès lors éliminés. A Chypre, il est possible de trier ces embryons en fonction du sexe de l’enfant, ce qui est interdit en France (enfin pour le moment). L’AFT aimerait bien étendre ces dépistages pour conduire à « l’enfant parfait » mais aussi travailler sur les cellules pour les empêcher de vieillir…Une association qui prône d’ailleurs un « transhumanisme de gauche avec des idées sociales et démocratiques »…tout un programme (et si il y en a un qui peut m’expliquer ce que c’est !)

Si tout n’est peut-être pas à jeter avec l’eau du bain (l’association défend un programme de cellules artificielles qui permettait de ne plus réaliser d’essais cliniques sur des êtres vivants) cette position consistant à considérer la vieillesse comme une maladie ou à penser qu’un handicap vous rend moins humain n’est pas trop ma tasse de thé. Lutter contre la mort oui, vouloir rester jeune éternellement et ne plus mourir reste un fantasme vain d’une sorte de monde idéalisé. Le tri génétique est une chose mais « l’homme augmenté », grâce à la robotique, est aussi au programme.

Et si le dépistage génétique des embryons permettait de choisir son enfant ? Elimination des maladies génétiques, sexe, caractéristiques physiques, tout est envisageable. Mais que se passerait-il alors si l’enfant choisi ne répondait pas parfaitement à la demande ? Si ses aptitudes ne correspondaient pas aux attentes des parents ? Une maladie non détectée par exemple ? Seront-ils revendus en ligne ? Cette intolérance à l’imperfection ne doit pas nous conduire à l’eugénisme. Par ailleurs, la similitude génétique conduit à une bien plus grande fragilité de l’espèce mais cette uniformisation dangereuse n’est que l’utopie d’une société soi-disant parfaite et ne peut conduire qu’à sa perte.

Sylvain DEVAUX

Rédacteur en chef

«L’homme a la possibilité non seulement de penser, mais encore de savoir qu’il pense ! C’est ce qui le distinguera toujours du robot le plus perfectionné». Jean Delumeau

« Ceci est un article ‘presslib’, c’est-à-dire libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Larobolution.com est le site sur lequel Sylvain Devaux s’exprime quotidiennement et livre une vraie analyse du monde de la robotique à même de vous permettre d’en profiter. Merci de visiter mon site. Vous pouvez vous abonner gratuitement à la lettre d’information quotidienne sur www.larobolution.com»

 

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