La robotique est-elle sexiste ? C’était vendredi dernier la journée internationale des droits de femmes. Il fallait bien au moins une journée pour se rappeler ce qui devrait être une évidence, celle de l’égalité et du respect. Rien que dans notre beau pays, près de 220 000 femmes subissent des violences physiques et/ou sexuelles de la part de leur conjoint chaque année. Environ 130 femmes meurent chaque année sous les coups de ce même conjoint. Et ce sont bien entendu les chiffres connus, qui ne comprennent pas toutes celles qui souffrent en silence. Dans un pays dit « civilisé » c’est innommable. Et je n’aborderai pas les différences de traitement et toutes les violences quotidiennes… Et dans la robotique ? Bon on a bien Sophia, mais la plupart des robots humanoïdes sont plutôt « asexués » avec une bouille de jouet (Nao, Pepper, etc…). Mais chassez le naturel…

Les robots sexuels sont en vogue, ce qui en dit long sur la nature profonde de l’homme… mais très sournoisement, l’Intelligence Artificielle peut aussi devenir sexiste ! Le principe des algorithmes est de se nourrir de données glanées sur le net. On se souvient de l’exemple de Tay, le chabot devenu raciste, mais si les informations ont un caractère sexiste, l’IA va l’assimiler. Si les bases sont biaisées, la propagation via l’IA ira bon train. C’est ce que constatent deux chercheuses, docteures en sciences. Elles ont créé Wax Science, une association pour la mixité dans les sciences. Aude Bernheim et Flora Vincent viennent de publier « L’Intelligence artificielle, pas sans elles ! » qui décortiquent les biais sexistes de l’intelligence artificielle.

Elles citent, par exemple, les logiciels de traduction où l’expression « je cuisine », quand elle est traduite dans une langue où le « je » n’est pas neutre, est traduite dans une version féminine ! Mais la bonne nouvelle, si, si il y en a, c’est que cela peut être corrigé. C’est techniquement faisable mais reste à savoir s’il y a une volonté de corriger. L’on retrouve le même phénomène avec le racisme. Les IA qui analysent les jurisprudences pour déterminer une probabilité de jugement « condamnent » majoritairement certaines catégories de personnes…comme quoi, il y a encore du pain sur la planche, même en matière de robotique !

Sylvain DEVAUX

Rédacteur en chef

« L’homme a la possibilité non seulement de penser, mais encore de savoir qu’il pense ! C’est ce qui le distinguera toujours du robot le plus perfectionné ».

Jean Delumeau« Ceci est un article ‘presslib’, c’est-à-dire libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Larobolution.com est le site sur lequel Sylvain Devaux s’exprime quotidiennement et livre une vraie analyse du monde de la robotique à même de vous permettre d’en profiter. Merci de visiter mon site. Vous pouvez vous abonner gratuitement à la lettre d’information quotidienne sur www.larobolution.com. »

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