La France autorise la voiture autonome, enfin l’autorisera d’ici 2020 à 2022. Une échéance relativement courte au regard des avancées technologiques qui semblent encore loin de donner satisfaction. Pour rappel, la conduite autonome des véhicules comporte 5 « niveaux », tendant à établir un degré d’autonomie croissant. Le niveau 1 propose des aides à la conduite (régulateur adaptif, alerte changement de voie…), le niveau 2 peut corriger la trajectoire mais vous gardez les mains sur le volant, le niveau 3 permet de lâcher le volant dans certaines conditions mais le conducteur reste vigilant et peut être amené à reprendre la main lorsque le système le lui demande. Le niveau 4 laisse le conducteur vaquer à d’autres occupations (une petite sieste) mais peut reprendre le volant s’il le souhaite. Au niveau 5, il n’y a plus de volant ni de conducteur, hormis la voiture elle-même.

Actuellement seuls les niveaux 1 et 2 sont autorisés en France et dans la plupart des autres Pays qui ne délivrent que des dérogations pour des tests. Le gouvernement ne veut pas être à la traine sur ce dossier et le moyen de faire avancer les choses est d’autoriser le niveau 3 et même le 4. Ceci sans aucun doute sous la pression des constructeurs nationaux qui veulent être dans la course. C’est ainsi que Anne-Marie Idrac, ancienne ministre, nommée « haute responsable pour la stratégie nationale de développement des véhicules autonomes » (décidément on a l’art et la manière de nommer les choses dans ce gouvernement…) a livré un rapport sur le sujet. Un sujet vaste qui demande un cadre législatif et réglementaire nouveau. Les propositions attendues devront aussi être incluses dans la « Loi d’Orientation des Mobilités (LOM) » qui doit être présentée avant l’été.

Cela demandera aussi une adaptation du code de la route et le traitement de la sempiternelle question des responsabilités en cas d’accident (le constructeur, le fournisseur du système ?). Enfin, quid des données collectées par ces véhicules ? A qui et à quoi vont-elles servir ? Si ce réveil est souhaitable, il sent à la fois la précipitation (les systèmes sont loin d’être au point) et la pression industrielle (PSA, Renault et les équipementiers poussent à la roue).

Il n’est pas trop tard…Mais presque !

Sylvain DEVAUX

Rédacteur en chef

« L’homme a la possibilité non seulement de penser, mais encore de savoir qu’il pense ! C’est ce qui le distinguera toujours du robot le plus perfectionné ».

Jean Delumeau

« Ceci est un article ‘presslib’, c’est-à-dire libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Larobolution.com est le site sur lequel Sylvain Devaux s’exprime quotidiennement et livre une vraie analyse du monde de la robotique à même de vous permettre d’en profiter. Merci de visiter mon site. Vous pouvez vous abonner gratuitement à la lettre d’information quotidienne sur www.larobolution.com. »

 

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