La conduite autonome, une utopie ?

Google, Apple, Uber, Audi, Tesla, Toyota…entreprises liées à l’informatique ou constructeurs, tout le monde y va de son système pour développer la conduite autonome. Si certains aiment faire le buzz, d’autres restent plus prudents en considérant les millions de kilomètres d’essais encore à réaliser. D’autres encore se disent prêts à y passer dès maintenant quand d’autres voient l’échéance à 2030. Reste d’abord à savoir de quel niveau l’on parle. Selon la classification européenne, ils sont au nombre de six. Petit rappel pour s’y retrouver (pas si simple) :

Niveau 0 Aucune automatisation : Le conducteur a un contrôle total et à tout instant des fonctions principales du véhicule (moteur, accélérateur, direction, freins).

Niveau 1 : Assistance au conducteur : L’automatisation est présente pour certaines fonctions du véhicule, mais ne font qu’assister le conducteur qui garde le contrôle global. Par exemple, le système anti-blocage des roues (ABS) ou l’électrostabilisateur programmé (ESP) vont automatiquement agir sur le freinage pour aider le conducteur à garder le contrôle du véhicule. Le régulateur de vitesse simple fait également partie de ce premier niveau.

Niveau 2 : Automatisation de fonctions combinées : Le contrôle d’au moins deux fonctions principales est combiné dans l’automatisation pour remplacer le conducteur dans certaines situations. Le régulateur de vitesse adaptatif combiné avec le centrage sur la voie fait entrer le véhicule dans cette catégorie, tout comme le Park assist qui permet le stationnement sans que le conducteur n’agisse sur le volant.

Niveau 3 : Conduite autonome limitée : Le conducteur peut céder le contrôle complet du véhicule au système automatisé qui sera alors chargé des fonctions critiques de sécurité. Cependant la conduite autonome ne peut avoir lieu que dans certaines conditions environnementales et de trafic (uniquement sur autoroute par exemple). Il est imposé au conducteur d’être en mesure de reprendre le contrôle dans un temps acceptable sur demande du système (notamment lorsque les conditions de circulation autonome ne sont plus réunies : sortie de l’autoroute, bouchon, etc.).

Niveau 4 : Conduite autonome complète sous conditions : le véhicule est conçu pour assurer seul l’ensemble des fonctions critiques de sécurité sur un trajet complet. Le conducteur fournit une destination ou des consignes de navigation mais n’est pas tenu de se rendre disponible pour reprendre le contrôle. Il peut d’ailleurs quitter le poste de conduite et le véhicule est capable de circuler sans occupant à bord.

Niveau 5 : Conduite complètement autonome sans l’aide de conducteur dans toutes les circonstances.

Alors dans ce cas effectivement, le niveau 1 est atteint par tous les véhicules contemporains, le 2 très fréquemment et le 3 se développe largement. Mais c’est ensuite que cela se corse. Certains affirment atteindre le niveau 4 et n’attendre que les autorisations des pouvoirs publics. Je ne reviendrai pas sur les accidents liés à ces systèmes notamment chez Uber et chez Tesla dont certains ont été mortels. Mais avant d’imaginer toutes ces voitures lâchées seules sur les routes, il y en a un qui a un peu remis chacun à sa place. Lors d’une conférence sur révolution automobile à Las Vegas, « Woz » a déclaré qu’il ne croyait plus au niveau 5.

« Woz », c’est Steeve Wozniak, le cofondateur d’Apple…rien que cela. Pas un rêveur, non une sommité dans le domaine qui pense sincèrement, et cela n’a pas toujours été le cas, que cela ne sera pas possible, en tout cas il ne le verra pas de son vivant. Pourquoi ? Parce que selon lui, le nombre de critères à prendre en compte est bien trop important et les systèmes ne parviendront jamais à les gérer correctement. Les situations sont si variées et inattendues que cela lui semble maintenant totalement improbable.

Pour lui, Tesla est le plus avancé, mais il a aussi livré que la marque exagérait nettement les possibilités de ses systèmes. Pour le buzz, pas de problème, mais confrontés à la réalité, ils sont parfaitement incapables de gérer les situations. Sans doute en référence au nouveau système Smart Summon de Tesla qui fait beaucoup parler de lui par ses ratés. Alors si c’est Woz qui le dit…

Sylvain DEVAUX

Rédacteur en chef

«L’homme a la possibilité non seulement de penser, mais encore de savoir qu’il pense ! C’est ce qui le distinguera toujours du robot le plus perfectionné». Jean Delumeau

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