Faut-il croire Google ? Il ne doute de rien. Enfin, ils ne doutent de rien devrais-je écrire. Dans une interview donnée au Washington Post, détenu par Jeff Bezos le PDG d’Amazon, Sundar Pichai, le patron de Google a annoncé, tout de go « Les entreprises qui travaillent au développement de l’intelligence artificielle peuvent s’autoréguler ». Bien oui, quoi, laissons faire, faisons leur confiance, ils seront sages et ne feront pas de bêtises. Le dilemme est toujours le même. Je régule le marché ou je laisse faire, je légifère et donne des règles ou je laisse faire ? Dans la régulation certains voient une forme de « castration » du développement, de la créativité et tout et tout quand d’autres y voient une catastrophe annoncée laissant les plus faibles sur le carreau comme d’habitude. Bon Sundar Pichai dit aussi que les entreprises de ce secteur devaient  mettre en place des règles éthiques parce que les systèmes déployés sont d’une puissance extrême. Effectivement ! La puissance des systèmes et la masse des données forment un outil terriblement dangereux. On a pu avoir un mince aperçu de ce que cela pouvait donner dans une campagne présidentielle !

Bon, Sundar et Google ne sont pas les plus mauvais exemples, c’est vrai. Google qui dispose d’une incommensurable force de frappe ne s’en sert principalement qu’à des fins commerciales tout en investissant des secteurs liés à lIA comme les voitures autonomes. Google s’est aussi débarrassé de ses encombrantes filiales, trop « guerrières » comme Boston Dynamics. Mais que dire d’Amazon qui détruit gentiment un pan entier de l’univers du petit commerce et qui mène une politique salariale désastreuse ou mieux, de notre ami Mark Zuckerberg, patron de Facebook, qui s’est fait gentiment gronder pour avoir simplement balancé des données personnelles à des fins peu recommandables. Surtout il avait failli en ne pouvant donner une quelconque garantie de protection de ces mêmes données. Bref, il y a encore du chemin et il se pourrait que l’autorégulation des géants de l’IA qui vont se livrer une bataille sans pareille arrive bien trop tard. Sundar Pichai s’est voulu rassurant en expliquant : « En tant que leader dans l’IA nous nous sentons profondément responsables de ne pas nous tromper ». Et  bien oui, cela nous ferait grandement plaisir !

Il n’est pas trop tard…Mais presque !

Sylvain DEVAUX

Rédacteur en chef

« L’homme a la possibilité non seulement de penser, mais encore de savoir qu’il pense ! C’est ce qui le distinguera toujours du robot le plus perfectionné ».

Jean Delumeau

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