Il avait l’air mal à l’aise notre Mark Zuckerberg devant la commission du sénat américain. Mais, sans doute bien préparé, il s’est détendu au fil de l’audience. Il a toutefois réussi a bien énerver les membres de la commission à force d’excuses. « Arrêtez de vous excuser et faites quelque chose » a même vociféré une élue visiblement agacée. Oui, c’est vrai, le patron de Facebook, 5ème fortune mondiale, était comme un petit garçon prit la main dans le pot de confiture. Pas pour avoir divulgué des données mais pour ne rien avoir fait et surtout pour ne pas pouvoir faire grand chose quant aux fuites de celles-ci. Au final, il aura une tape sur les doigts et reprendra son juteux business. D’ailleurs, la valeur de l’action a tout de suite pu reprendre des couleurs. Ca s’arrête là ? Oui et non. Il lui faudra néanmoins mettre en place des dispositifs de protection des données de ses abonnés et notre Mark Zuckerberg a eu une idée à ce propos. Il va payer des lanceurs d’alerte si cela se produisait…encore un aveu d’impuissance ce qui reste bien inquiétant.

Les membres de la commission du Sénat on toutefois pu déstabiliser le patron de Facebook qui ne s’attendait pas à celle là. La question est venue du sénateur démocrate de l’Illinois Dick Durbin « M Zuckerberg, aimeriez-vous dire à tout le monde dans quel hôtel vous avez dormi hier soir ? » Après u moment de flottement c’est un non un peu bafouillé qu’a pu livrer Mark Zuckerberg. Le sénateur a poursuivi sa démonstration. « Si vous avez contacté des gens cette semaine, aimeriez-vous nous donner leurs noms ? ». Réponse gênée de Mark Zuckerberg :  » Monsieur le sénateur, non, je choisirais sans doute de ne pas rendre cela public ici ». Et Dick Dublin d’enfoncer le clou : « C’est pourtant de cela qu’il s’agit à mon avis. Votre droit à la vie privée, les limites de votre droit à la vie privée, et tout ce que nous abandonnons dans l’Amérique moderne au nom de, je cite, “la connexion mondiale entre les humains”. La messe est dite et la réponse de Mark Zuckerberg, pour peu convaincante qu’elle soit, ne doit pas nous faire oublier l’essentiel. « Les utilisateurs choisissent de partager quelque chose, ils ont un bouton, juste ici, pour choisir avec qui ils veulent le partager ». Oui, divulguer ses données personnelles sur Facebook, c’est un choix. Se laisser influencer par les publicités générées, c’est aussi un choix. Il va dons falloir s’efforcer de protéger les millions de moutons qui livrent leur vie sur le net…

De cet exercice bien âpre pour Facebook, on retiendra aussi qu’il n’est pas exclu de voir pointer un jour une version payante de Facebook. Si le principe de pouvoir communiquer en livrant ses données en échange de publicité est au coeur du modèle économique de Facebook, l’entreprise à travers la voix de son fondateur n’a pas exclu une version payante qui permettrait par contre de se passer de ce ciblage publicitaire. Un réseau social un peu moins social où il faudrait acheter sa tranquillité…On le voit , les questions de société sont au coeur des technologies, il serait temps que l’on s’en inquiète !

Il n’est pas trop tard…Mais presque !

Sylvain DEVAUX

Rédacteur en chef

« L’homme a la possibilité non seulement de penser, mais encore de savoir qu’il pense ! C’est ce qui le distinguera toujours du robot le plus perfectionné ».

Jean Delumeau

« Ceci est un article ‘presslib’, c’est-à-dire libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Larobolution.com est le site sur lequel Sylvain Devaux s’exprime quotidiennement et livre une vraie analyse du monde de la robotique à même de vous permettre d’en profiter. Merci de visiter mon site. Vous pouvez vous abonner gratuitement à la lettre d’information quotidienne sur www.larobolution.com. »

 

 

 

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