Automobile, l’enjeu technologique ! Le monde de l’automobile est aussi celui de la high tech. Pour s’en convaincre, et au delà des effets d’annonce concernant la conduite autonome, il n’y qu’à regarder ce qui s’y trame. Après l’affaire Carlos Ghosn, qui avait terriblement froissé les Japonais dont le titre s’était effondré de 30% (basé sur des fonds de pension auxquels les japonais sont très attachés), le mariage à trois évoqué Renault-Nissan-Fiat fait couler beaucoup d’encre. Si tout s’annonçait bien, les Japonais n’ont pas apprécié la manoeuvre. Ils se sentent trahis et la fidélité est sacrée…l’alliance prend du plomb dans l’aile et après un pas en avant il y a encore deux jours, c’était deux pas en arrière hier…Mais pourquoi ces fusions, qu’apportent-elles ?

Peugeot, allié à Citroën, a déjà racheté Opel à General Motors et un rapprochement avec Fiat a été envisagé ! Le même que celui de Renault et ce n’est pas la première fois que la marque Italienne (qui comprend donc Chrysler mais aussi Ferrari, Alfa Roméo et Maserati après avoir sacrifié Lancia) tente des rapprochements avec la France. Les enjeux sont énormes sinon, on en parlerait même pas. Pourquoi ? Parce que les investissements aujourd’hui ne peuvent être rentabilisé que dans un groupe capable de produire quinze millions de véhicules par an ! Parce que le digital, qui échappe en grande partie aux constructeurs, représentera bientôt plus de 50 % de la valeur des véhicules !

Parce qu’il faut massivement investir dans les aides à la conduite si l’on veut rester dan la course, parce qu’il faut poursuivre encore les investissements dans le diesel mais aussi dans l’essence et inévitablement dans l’électricité et peut-être l’hydrogène demain. Toutes ces technologies, reflets d’une sacrée évolution de l’espèce, font exploser les coûts, d’où ces alliances pour espérer rentabiliser en utilisant plateformes et moteurs communs mais aussi développement informatique et technologique. Mais derrière ces fusions avortées, comme pour Alstom/Siemens, c’est la logique administrative qui prévaut. C’est L’Europe qui a fait avorté ce mariage du géant du transport arguant d’un risque de situation de monopole, au grand dam de Bruno Lemaire, ministre de l’économie, laissant le champ libre à la Chine. Dans le cas de l’alliance avec Fiat Chrysler, c’est cependant lui qui a craint la logique de « financiarisation » de Fiat Chrysler censée se faire au détriment de la recherche, du développement et de l’innovation produit…Décidément américains et chinois continuent d’avoir un boulevard devant eux, face à une Europe quasi exsangue.

Photo : Une Renault KJ de 1923 et une Fiat 500 Topolino de 1939

Sylvain DEVAUX

Rédacteur en chef

«L’homme a la possibilité non seulement de penser, mais encore de savoir qu’il pense ! C’est ce qui le distinguera toujours du robot le plus perfectionné». Jean Delumeau

« Ceci est un article ‘presslib’, c’est-à-dire libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Larobolution.com est le site sur lequel Sylvain Devaux s’exprime quotidiennement et livre une vraie analyse du monde de la robotique à même de vous permettre d’en profiter. Merci de visiter mon site. Vous pouvez vous abonner gratuitement à la lettre d’information quotidienne sur www.larobolution.com»

 

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